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traiter directement avec le chef de l'Etat en France, impliquait, à la fois, une dérogation au traité de protectorat et un manque d'égards envers le Gouverneur,
Celui-ci, désireux de prévenir tout malentendu, envoya immédiatement au palais son chef de cabinet et le résident de France à Phnom-Penh pour insister sur la demande d'an- dience. Il n'était que dix heures el quart du soir, et le roi, qui venait de signer une lettre, ne devait vraisemblablement point être encore couché.
Les délégués du Gouverneur firent antichambre pendant trois heures, et ne furent pas reçus sous prétexte que le roi dormait, et que les lois du royaume interdisaient de le ré- veiller.
Or, un quart d'heure après le départ des deux fonction- naires français, les ministres étaient mandés d'urgence chez le roi.
Le lendemain, 12 juin, le roi prétexta qu'il était malade pour décliner tout entretien.
Cette attitude blessante et ce parti-pris de résistance passive ne pouvaient être tolérés indéfiniment sans préjudice pour la dignité de la France. M. Thomson le comprit, et il prit immédiatement ses mesures en conséquence.
Il manda quelques troupes de Saïgon; il mit par dépêche le Gouvernement de la République au courant de la situation, et il adressa au roi Norodom une nouvelle lettre récapitulant les incidents qui s'étaient produits depuis cinq jours et qui se terminait en ces termes :
« J'ai donc le regret de constater qu'en refusant de dis- cuter avec le Gouverneur de la Cochinchine, représentant direct du protectoral, et chargé d'une mission spéciale, les affaires du Cambodge et le projet d'une convention com- merciale qui lui était présentée autant dans son intérêt que dans celui de ses sujets, Votre Majesté a manifestement violé les clauses du traité du 11 août 1863;
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Qu'en refusant, à quatre reprises, d'entendre la com- munication d'une réponse du Gouvernement de la Répu-
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N° 3482
blique qu'elle avait elle-même instamment sollicitée, et en persistant à ne pas me recevoir, Votre Majesté a voulu rompre, en fail, toutes les relations entre la France et le Cambodge, et a porté une grave atteinte à la dignité du Gouvernement français.
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En conséquence, j'ai l'honneur de faire connaitre à Votre Majesté que si, demain samedi, 14 juin, à midi,je n'ai pas reçu des excuses suffisantes de l'attitude blessante qui a été prise à l'égard du représentant de la France, protectrice du Cambodge, et si, à la même heure, la convention commer- ciale ne m'a pas été remise signée par Votre Majesté et revê- tue de son sceau, je prendrai toutes les dispositions néces- saires pour assurer le respect dû au pavillon français et remplir les obligations que nous impose l'article 16 du traité du 11 août 1863. »
Le roi répondit, à la date du 14, une lettre où, après avoir coloré de divers prétextes son refus de recevoir M. Thomson et renouvelé ses banales protestations de dévoue- ment à la France, il terminait en ces termes :
« Ainsi que j'ai eu l'honneur de vous le dire, je ne veux
« pas signer la Convention des Douanes que vous m'avez
présentée.
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Prospérité, amitié, alliance!
< NORODOM. >>
C'élait l'expression catégorique d'une opiniâtre volonté de résister à la puissance proiectrice.
Deux jours se passèrent encore. La situation devenait impossible. Un commencement d'agitation se manifestait; des bruits alarmants étaient mis en circulation; les manda- rins de province étaient secrètement mandés à Phnom Penh; divers indices enfin, accusaient des préparatifs de fuite du roi et de la cour à Oudong. Ce départ aurait été le prélude d'une insurrection.
M. le gouverneur Thomson prit le parti d'agir.
Il jugea que la crise ne pouvait être dénouée que par une organisation plus précise du protectorat qui prévien- drait le retour de résistances aussi peu justifiées, et qui as-
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